Devenir Pilote de Ligne

Guide pratique

Un avion de ligne en phase de roulage

Devenir pilote de ligne est un métier qui fait rêver.

Soyez les bienvenus dans le plus beau bureau du monde. Lorsqu’on s’imagine le pilote, on voit l'Airbus, le poste de pilotage et sa vue imprenable du ciel. On voit aussi l’uniforme, symbole de prestige.

Ce métier est pourtant méconnu et de nombreux préjugés dominent le paysage. Le parcours est rude, mais celui qui réussira exercera son rêve pleinement.

Dans ce guide, découvrez tout ce qui est nécessaire pour réussir une brillante carrière de Pilote de Ligne.

Le quotidien du pilote de ligne

Vol type d’un Commandant de Bord sur long-courrier

Arrivé en uniforme 2h avant l’embarquement, je retrouve les copilotes en salle de préparation de vol, pour faire l’étude du dossier de vol.

Nous étudions ensemble l’itinéraire, et définissons la quantité de carburant nécessaire en fonction des paramètres du jour. La météo est plutôt bonne, et les particularités du vol ont étés prises en compte.

Il est temps pour moi d’aller saluer l’équipage. Direction la salle de briefing où tout le personnel navigant se trouve présent. Une fois les directives données, nous rejoignons tous la navette qui nous conduit à l’avion.

Avant de laisser embarquer les passagers, quelques vérifications sont faites autour et dans l’appareil.

Poste de pilotage d'un avion de ligne

Je peux m’installer dans le cockpit avec mes copilotes, et nous nous répartissons les temps de repos. C'est un vol de 12 heures.

Chacun est à son poste pour la phase d’accueil des voyageurs. Les consignes de sécurité sont données par les PNC, et nous poursuivons avec les check-list.

Tandis que je vérifie les commandes, le copilote gère les communications par radio. Nous attendons que la tour nous donne l'autorisation de rouler vers la piste. Après quelques minutes de roulage et de vérifications, j’aligne lentement l’appareil sur la piste et j’attends l'autorisation de décollage. La fréquence tour nous rappelle « …Autorisation au décollage ». Manettes en avant, l’avion prend de la vitesse.

Ça y est, nous décollons. Arrivé à notre niveau de vol, je stabilise l’appareil. Nous entamons la phase de croisière du vol. Nous avons plusieurs heures devant nous avant l’atterrissage qui se fera de nuit. Nous traversons les nuages, puis en début de soirée, l’éblouissant spectacle du coucher de soleil se joue sous nos yeux.

On sonne à l’interphone, une hôtesse de l’air nous apporte notre plateau repas…

Trente minutes avant l’atterrissage je prends contact avec la fréquence d’approche. Deux appareils sont devant nous, il faudra donc patienter quelques minutes de plus et faire un circuit d’attente.

C’est maintenant à notre tour. On repère de loin les lumières de la piste. On effectue un virage et on entame la descente tout doucement. Le train d’atterrissage est sorti. Quelques minutes plus tard, on touche la piste et on décélère avec en freinant et en appliquant les « reverse ». Après l’autorisation de la tour, on rejoint le parking.

Il est temps de faire quelques dernières vérifications. Tout est en ordre, les réacteurs peuvent être arrêtés, et les passagers sont dirigés vers les portes de sortie. Une fois l’avion vide, je me dirige avec mon équipage vers la navette qui nous conduira à l’hôtel.

Nous resterons 48h sur place. Le temps de se reposer et de faire une petite promenade dans ce pays étranger, et se sera retour en sens inverse, direction la maison.

Adaptabilité, vie de famille, vie sociale

Un avion de ligne en train d'atterrir

Les conditions de vie d’un pilote sont totalement différentes des autres professions.

Le pilote de ligne doit avant tout être mobile géographiquement. En effet, tous les trois ou quatre jours environ il part pour une nouvelle destination, loin de sa maison, loin de sa famille qu’il ne reverra que dans plusieurs jours. Il voyage régulièrement d’un continent à un autre. Rentrer chez soi tous les soirs de la semaine est rare et le temps de repos n'est pas forcément le samedi et le dimanche comme la plupart des personnes.

Il est vrai aussi que certains mois peuvent être chargés s’il y a peu de jours de repos entre les vols.

Heureusement, le pilote dispose généralement d’un temps de repos d’au moins 3 jours chez lui avant d’être réaffecté sur un vol. Il possède aussi un des temps plus longs de récupération à cause de la fatigue générée par les décalages horaires.

Les conditions requises

Vue d'une aile d'un avion de ligne pendant un vol en croisière

Il faut être dynamique et savoir s'adapter. L'international doit plaire. C’est un métier qui offre l’opportunité de découvrir le monde de façon unique.

Toutefois cela demande un rythme de vie contraignant à cause des décalages horaires. Il est donc important d’être en bonne condition physique. Il faut aussi faire preuve d’une bonne résistance psychologique car avoir à la charge la sécurité du personnel navigant et d’un important nombre de passagers est une grande responsabilité.

Les conditions médicales

Les pilotes doivent passer des tests médicaux tous les ans, puis tous les 6 mois après 40 ans. Il vaut mieux être en bonne santé pour supporter les décalages horaires et les vols de nuits à répétition.

Un contrôle soutenu

Le métier de pilote de ligne est très règlementé compte tenu des enjeux de sécurité que comporte l’aéronautique. Il faut savoir que le pilote est l’un des rares professionnels à voir ses qualifications constamment remises en question de façon systématique pour les exigences de sécurité.

Vous l’aurez compris, un point d’honneur est mis dans la sécurité, que ce soit au niveau des machines dans leurs moindres détails techniques, ou au niveau des pilotes, de leurs capacités physiques et mentales, dans les mains desquels le bon fonctionnement d’un vol repose.

Afin de prévenir ces risques, tous les 6 mois les pilotes doivent passer des épreuves sur simulateurs de vol en présence d’instructeurs, ce qui permet de vérifier d’éventuelles lacunes. Les appréciations de ces évaluations sont consignées à vie et sont un bon moyen de se remettre en question.

Le parcours de formation

Il faut passer plusieurs types de licences de pilote afin de pouvoir devenir pilote de ligne, que voici dans l’ordre :

  • Le PPL, licence de pilote privé, qui se passe sur des avions légers ;
  • L’ATPL Théorique, avec ses divers certificats qui traite plusieurs matières : mécanique du vol, météo, réglementation, etc. ;
  • Le CPL qui permet d’accomplir des vols commerciaux, accompagné de la qualification IR, qui autorise le pilote à voler dans des conditions météo sans visibilité extérieure ;
  • En complément au CPL vient la MCC pour être formé sur le travail en équipage ;
  • Viennent ensuite les QT qui sont des qualifications de types, différentes en fonction de l’aéronef sur lequel la compagnie veut former son pilote.

Il est possible de passer ces licences au sein d’écoles privées agrées. Il existe toutefois une filière subventionnée par l’État Français en sein de l’ÉNAC. Si on réussit à l’un de ses concours d’entrée, le coût de la formation sera plus ou moins pris en charge par l’État.

Les coûts d’une formation complète varient entre 80 000€ et 120 000€ selon les types d’avions utilisés.

Le saviez-vous ?

La première étape incontournable de formation pour tout futur pilote de ligne se fait sur des avions légers de type monomoteur à piston. Pour mettre toutes les chances de votre côté lors des sélections (entretiens, etc.) et d'être à l'aise pendant vos premières heures de formation, Captain Janse a établi Pilot Academy Web, un programme vidéo interactif en ligne d'initiation au pilotage avion qui vous donnera de solides bases. N'hésitez pas à faire l'essai gratuit.

Les évolutions de carrière

Vue extérieure d'un Boeing

OPL Officier Pilote de Ligne

Description

L’Officier Pilote de Ligne, ou copilote, est le premier grade des jeunes pilotes de ligne. Le copilote est assis à la droite du commandant de bord. Ses fonctions sont les mêmes que celles du commandant de bord, puisqu’il est chargé par exemple de faire les atterrissages et décollages en alternance avec ce dernier. Il est donc, contrairement aux croyances majoritaires, un pilote à part entière. Les seules choses qui diffèrent sont le nombre d’années d’expérience, et le degré de responsabilité juridique. Tous les pilotes passent par le stade d’Officier Pilote de Ligne avant de devenir, s’ils le souhaitent, Commandant de Bord.

Les premières années d’un copilote ont lieu sur des vols en moyen ou court-courrier avant de passer sur un long-courrier. Le vol court-courrier dure moins d’une heure et le moyen-courrier moins de 4 heures. Depuis la France, ce sont pour la majorité des vols européens et nord-africains. Les vols longs courriers durent plus de 4 heures et sont généralement transocéaniques.

Salaire

Autour de 3 000€/mois au début de la carrière d’un copilote, il peut très vite grimper à 4 000€, en fonction toutefois de la compagnie.

Au bout d’environ 4 ans et 1 500 heures de vol en tant que copilote, ce dernier a le choix de passer Commandant de Bord et ainsi passer sa Licence de Pilote de Ligne Pratique. Il doit pour cela retourner sur des vols court-courrier ou moyen-courrier avant de pouvoir revenir sur du long-courrier.

CDB Commandant de Bord

Description

Le Commandant de Bord est le responsable légal à bord, et il est le garant du bon déroulement d’un vol. C’est lui qui prend les décisions finales. Cela ne l’empêche pas de devoir prendre en compte l’avis de ses coéquipiers, même si c’est lui qui a le dernier mot, pour une bonne synergie de travail. C’est donc en quelque sorte le chef d’orchestre, qui est tenu de maintenir une bonne communication entre le personnel navigant, et doit être capable avec sang-froid et maturité de gérer n’importe quelle situation ou imprévu.

Salaire

Il peut avoisiner les 7 000€ à 15 000€ en fin de carrière ; là encore tout dépend de la compagnie aérienne.

F.A.Q. (Foire Aux Questions)

Je suis une femme. Est-ce que je peux devenir pilote de ligne ?
La proportion de femmes aux commandes d'avions de ligne reste certes mince, de l'ordre de 7%. Mais les femmes ont exactement la même capacité à piloter un avion de ligne. Toutefois, si mener une vie de famille est difficile, ce n'est pas entièrement incompatible. De nombreuses femmes pilotes de ligne ont plusieurs enfants. Par contre, cela demande une sérieuse organisation et d'être en parfait accord avec ses proches. Il n'est pas possible de rentrer tous les soirs ou d'être systématiquement de repos un jour de fête. Au niveau du salaire, il faut savoir que c'est l'une des rares professions où il y a égalité entre homme et femme.
Jusqu'à quel âge peut-on se lancer dans une carrière de pilote de Ligne ?
Mieux vaut commencer jeune. On voit rarement des personnes au-delà de l'âge de 35 ans entamer une formation de pilote de ligne. Démarrant sa carrière à 30 ans on peut encore s'attendre à trouver un poste de pilote dans une compagnie régionale, mais nul doute que plus vous commencerez tôt plus vous aurez de facilité pour trouver une place. Les compagnies aériennes investissent beaucoup dans ses pilotes, et s'attendent à les garder le plus longtemps possible.
Je suis myope/hypermétrope. Est-ce que je peux espérer devenir pilote malgré cela ?
Même si vous êtes myope ou hypermétrope, vous pouvez répondre à l'aptitude médicale nécessaire à un pilote de Ligne, c'est-à-dire la Classe 1. Il ne faut simplement pas dépasser +/- 3 de dioptries de correction et votre acuité visuelle doit être de 10/10. Beaucoup de pilotes portent des lunettes sans que cela pose le moindre problème de sécurité. En vol, vous devrez toutefois obligatoirement disposer d'une deuxième paire de lunettes de secours.
Si vous avez d'autres questions, notre équipe sera heureuse de vous répondre. Ecrivez-nous par e-mail à l'adresse suivante:
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